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LES TRAITEMENTS MEDICAMENTEUX Les tumeurs GIST sont traditionnellement réputées pour leur haute résistance aux traitements de chimiothérapie classiques. Longtemps, le seul moyen de les traiter efficacement restait la chirurgie mais celle-ci ne pouvait être proposée qu’aux patients présentant des tumeurs localisées et opérables. De ce fait, le pronostic vital des patients atteints de GIST métastatiques et/ou inopérables étaient des plus pessimistes puisque seuls 25% d’entre eux étaient encore en vie au bout d’un an de traitement ...
2000 : LA REVOLUTION THERAPEUTIQUE En 2000, un médicament basé sur une molécule appelée « imatinib mésylate », et initialement conçu pour traiter les cas de Leucémie Myéloïde Chronique (L.M.C.), est également administré aux patients atteints de GIST : il s’agit du GLIVEC®.
Contrairement aux chimiothérapies classiques, ce traitement anti-cancéreux ne s’attaque qu’aux cellules malignes, et ne tue pas les cellules saines. Son action vise à bloquer le processus de croissance et de prolifération des cellules cancéreuses dans l’organisme. Avec ce traitement 90% des GIST en rechute ont pu être traités efficacement.
Si aujourd’hui l’action de l’imatinib ne suffit toujours pas à faire disparaître tout signe de la maladie, cette molécule a néanmoins littéralement révolutionné la prise en charge thérapeutique des patients inopérables et/ou présentant une forme métastatique de la maladie. Grâce à ce nouveau traitement, la maladie peut être contrôlée et l’espérance de vie de ces mêmes patients a augmenté de façon considérable puisque plus de 90% d’entre eux sont encore en vie au bout d’un an de traitement ...
UTILISATION DE L'IMATINIB DANS LE TRAITEMENT DES GIST 1. Pour les GIST non opérables et/ou métastatiques Dans la plupart des cas, l’oncologue ou le gastro-entérologue prescrira de l’imatinib au moment de la rechute pour tenter : - D'arrêter la croissance des métastases et la progression de la maladie.
- De diminuer le volume de la tumeur, lorsque celle-ci est localisée, avant une intervention.
L’administration de ce traitement doit obligatoirement être combinée à un suivi médical rigoureux incluant des examens d’imagerie et des bilans sanguins réguliers. 2. Pour prévenir les risques de rechute (actuellement en cours d'évaluation)
Lorsque le médecin prescrit de l'imatinib dans le but de prévenir les risques de réchute, on parle alors de traitement "adjuvant". Attention, cette prescription particulière ne doit être proposée que dans le cadre d'une étude clinique. Critères d'éligibilité à la phase adjuvante de traitement sous imatinib : - Avoir subi une ablation complète de la tumeur.
- Ne présenter aucun signe visible de la maladie (pas de métastase, ni de signe de récidive).
LES REPONSES A L'IMATINIB Deux types de réponses peuvent être observées : 1. La nécrose tumorale
La nécrose tumorale correspond à la réponse optimale au traitement. L’imatinib bloque la division cellulaire et détruit les cellules exprimant la protéine "KIT" .
On observera alors successivement les réactions suivantes : Une liquéfaction de la tumeur. Une réduction progressive de son volume (limitée ou importante). La disparition complète des lésions.
Ce profil de réponse optimale concerne environ 75% des patients et survient généralement après plusieurs semaines de traitement, voire même après quelques jours. 2. La stabilisation L’action de l’imatinib bloque la croissance des tumeurs et empêche la propagation des cellules cancéreuses dans l’organisme. La stabilisation concerne 30 à 35% des patients traités. Dans le cas des GIST et avec ce traitement, les médecins considèrent qu'une stabilisation est une réponse aussi bonne qu'une réduction du volume tumoral.
LES RESISTANCES A L'IMATINIB Si l'imatinib s’avère très efficace pour une large majorité de patients, certains d’entre eux présentent malgré tout des signes manifestes de progression de la maladie. Ces signes sont révélateurs d’un mécanisme de « résistance ». On observe plusieurs types de résistances : La progression de la maladie survient dans les 6 premiers mois suivants le démarrage du traitement. Ce cas de figure est relativement rare et concerne environ 5% des patients. La maladie progresse après les 6 premiers mois de traitement. Résistance partielle Apparition d'un nodule au sein d'une masse plus volumineuse. Résistance multi-focale Progression simultanée de plusieurs, voire de l'intégralité des tumeurs et/ou apparition de nouvelles lésions. Dans ces cas de figure, il est important de ne pas perdre l'espoir car la recherche travaille activement à contrer ces mécanismes de résistance. LES TRAITEMENTS DE LA RESISTANCE
En fonction du type de progression observé et du profil du patient, deux options thérapeutiques peuvent être envisagées par le médecin :
1. L'augmentation du dosage initial Augmentation à 600mg ou 800mg par jour 2. L'introduction dans un autre protocole d'étude clinique En cas de résistance à l'imatinib, le traitement de seconde ligne le plus fréquemment utilisé à l'heure actuelle est le sunitinib ou SUTENT®. Ce traitement anti-cancéreux a démontré une certaine efficacité chez les patients réfractaires au GLIVEC®. D'autres traitements actuellement à l'étude pourront vous être proposés.
En savoir plus sur : GLIVEC® SUTENT® Les autres traitements Remerciements : Pr. J-Y. Blay Dernière mise à jour : le 15 janvier 2007 |